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Bibliotheca Andana > Dossiers > Culture > Ecrivains > Tousseul Jean > Oeuvres de Jean Tousseul > 1933 – La Rafale (Jean Clarambaux IV)

Editeur, date et  lieu d’édition:
Les éditions de Belgique, 1933, Bruxelles

Description et particularités:
« La rafale » est l’ouvrage de référence pour connaitre les conditions de vie des Andennais et des Seillois durant la première guerre mondiale.
Véritable journal de guerre, « La rafale » évoque la manière dont le spectre de la guerre à graduellement envahit la région : simple rumeur lointaine au début, elle va progressivement devenir une réalité pour les villageois qui seront soumis à l’horreur de l’occupation et aux débordements monstrueux des occupants qui massacreront la population.
Le quatrième tome de la saga Jean Clarambaux est celui qui présente donc le plus grand intérêt au point de vue historique. Tousseul va pourtant choisir dans son livre non pas de fustiger les allemands (bien qu’il nomme les responsables des massacres de populations), mais plutôt de décrire l’inconfort et la terreur dans lesquelles vivent les habitants.
Il dénonce aussi les jusqu’auboutistes  qui prônaient la résistance à tout prix et clamaient la défaite des allemands comme imminente dès le début de la guerre et qui plaçaient l’orgueil national au-dessus de la vie des pauvres gens.
Les occupants allemands sont considérés comme des victimes de la guerre tout comme les villageois : ils sont également séparés de leurs familles et doivent supporter la perte de leurs frères d’armes et la continuation d’un conflit qui ne leur est rien.
Quelques officiers allemands sont des gens cultivés qui aiment à s’entretenir avec Jean Clarambaux et son mécène, monsieur Nalonsart qui estime pour sa part que les ennemis de l’humanité sont les brutes et les monarques et non pas les soldats contraints d’obéir aux ordres sous peine d’exécution.
Cette relative bienveillance de Tousseul à l’égard des allemands s’explique par  l’émergence du parti communiste allemand mené par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht en 1919 ; si les deux leaders sont assassinés, les idées survivent et le parti communiste allemand réunit nombre d’opposants à la guerre… Jusqu’à ce qu’il soit totalement anéanti suite à l’avènement du chancelier allemand, Adolph Hitler, en 1933…
Or 1933 est la date de parution de ce livre, aux éditions de Belgique et non pas aux éditions Rieder : Tousseul est en effet furieux car c’est suite à des retards de l’éditeur français que le livre parait alors que la nation allemande a définitivement fait le choix du nazisme et que l’espoir d’une Allemagne communiste disparait.
Par conséquent Tousseul abandonne définitivement Rieder et signe aux éditions de Belgique, tout en admettant avoir été trop naïf et trop complaisant à l’égard des allemands dans son ouvrage au vu de leurs choix politiques.

Adrien Laruelle

La Vie Mosane – 38e année – n°15 – 15 avril 1983, p.2. (Expostion XXVe annviversaire de l’Athénée Royal – « L’Eclaircie » et « La Rafale »)

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1 Commentaire

  1. roba jean-Louis

    Tousseul était foncièrement naïf pour s’imaginer que la prise du pouvoir en Allemagne par les communistes aurait été bénéfique. Cette conception angélique bien wallonne confinant souvent à la stupidité explique pourquoi, malgré ses qualités, il reste un auteur local sans vision générale, sans envergure et dès lors mineur. Le Français Maxence Vandermeersch qui a écrit sur le même sujet le dépasse largement.

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