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Le « cimetière des Fusillés », situé anciennement quai Pastor, rebaptisé en 1964 lors du 50e anniversaire des massacres, « quai des Fusillés », est l’endroit où plusieurs dizaines de civils furent sauvagement exécutés contre un mur de briques qui a toujours été volontairement conservé dans son état d’origine.
Constitué de deux grandes fosses communes creusées le soir du 21 août et le 22 août 1914 par des civils désignés de force par l’occupant, le « cimetière des Fusillés » renferme les corps des victimes abattues sur place ainsi que certains cadavres découverts en ville. Actuellement, il est toujours impossible de connaître le nombre exact de personnes inhumées dans ce cimetière. Depuis 1914, il demeure toujours un nombre de personnes disparues que l’on suppose avoir été inhumées à cet endroit.
En 1915, avec l’autorisation des Allemands, les fosses communes furent entourées de pierres de roche. En 1920, l’aménagement définitif du lieu des massacres fut confié à l’architecte René Garant. Les tertres furent limités par une bordure à face externe oblique et polie sur laquelle furent sculptés les noms des fusillés.
Le conseil communal du 23 février 1920 décida la construction d’un monument à ériger au « cimetière des Fusillés ». Sculpté par M. Gaston François, tailleur de pierre, il fut officiellement inauguré en présence des autorités et des familles le 21 août 1920.
Le motif de la dalle représente l’ange de la Paix apportant aux innocentes victimes la palme du Martyr. D’une main, il dépose la palme tout en montrant du doigt l’inscription : « À nos concitoyens lâchement assassinés par les hordes teutonnes le 21 août 1914 ». De l’autre main levée, il indique le mot « Pax » du fronton, entouré de branches de lierre, symbole de l’attachement. Le blason d’Andenne rappelle l’hommage de la ville entière. Enfin, aux deux côtés de la dalle principale, apparaissent Alpha et Oméga, commencement et fin de toutes choses, entourés de papillons de nuit symbolisant l’au-delà.
Ce cimetière fut énormément visité entre les deux guerres par des délégations de villes et d’anciens combattants. La présence de petites fleurs discrètes devant certains noms atteste encore aujourd’hui de manière émouvante que, malgré les cent ans qui nous séparent des faits, le souvenir reste vivace au sein des familles de nos martyrs.

Vous pouvez consulter l’ensemble des photos relatives au cimetière et au monument sous le terme générique “Cimetière des Fusillés“.
Vous pouvez également consulter l’article du journal l’Impartiale du 22 août 1920 pour l’inauguration du Cimetière et le discours de Charles Lahaye.

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